Sighetu Marmatiei – Sapanta
Visite du mémorial des victimes du communisme en Roumanie à Sighetu Marmatiei. S’ il n’y avait qu’un musée à visiter en Roumanie ce serait celui là. Le musée se situe dans l’ancienne prison. Plus de 600 000 roumains furent arrêtés et emprisonnés à partir de 1945, et dans cette prison une grande partie des intellectuels roumains fut exterminée (assassinés ou morts de privation) jusqu’en 1977. On les enterrait de l’autre côté de la rivière Tysa soviétique à l’époque et ukrainienne maintenant. Les cellules de cette ancienne prison sont utilisées pour illustrer cette histoire, chaque cellule retraçant un pan de celle ci comme la securitate, la prison noire, le système Pipesti à base d’humiliations pour endoctriner les jeunes, l’article 209 permettant d’emprisonner n’importe qui sous prétexte de menées contre-révolutionnaires, la poésie en prison, les femmes en prison, les prêtres, les résistants, …
Un musée nécessaire pour que les roumains se réapproprient leur histoire et puissent ainsi lutter contre la théorie de “l’homme nouveau” sans passé, souriant face à un avenir radieux (qui n’arrivera jamais) cher à toute dictature.
Un après midi plus souriant (si j’ose dire) au cimetière joyeux de Sapanta. Des tombes avec des médaillons naïfs, d’un bleu éclatant, avec des commentaires qui doivent être gratinés (malheureusement en roumain) censés caractériser leur vie. Désarmant et unique. Certains médaillons sont faciles à décrypter mais d’autres (il faut faire marcher son imagination) !
Au fait quel serait notre médaillon et notre épitaphe ? J’ai quelques idées pour certains ou certaines, mais j’ai un peu peur pour moi !
Et pour finir une soirée sympa dans la pension avec folklore sans esbroufe, bouffe roumaine copieuse, et boisson (pas trop comme d’habitude) avec l’inévitable potion roumaine la Tuica appelée Horinca ici (fermentation de fruits : cerises, abricots, griottes, pêches, mirabelles ou autres).
Le Maramures : vallée de l’iza
Une vallée restée rurale et agricole, préservée du modernisme, et attachée fortement aux valeurs de leur religion orthodoxe ou gréco-catholique plus ancienne encore. De très belles maisons en bois avec leur portail en bois sculpté, parfois un peu trop monumental. Les femmes portent d’élégantes (et fraîches) jupes colorées, des fichus et elles sont toutes au boulot (le plus souvent au champ pour étendre ou ramasser le foin en ce moment et à l’ancienne bien sur avec des râteaux en bois). Une campagne vraiment superbe avec ses champs bien proprets et entretenus, ses meules à foin et leur système de séchage bien particulier, …
Et toujours d’admirables églises en bois avec leurs belles fresques intérieures comme celles naïves (de 1632) de Poienile Izei (le jugement dernier avec les tortures promises aux pêcheurs labourant ou jouant de la musique le dimanche, ou …), celles de Bogdan Voda ou surtout celles de Rozavlea (où on s’amuse à repérer les représentations des personnages positifs ou négatifs comme le hussard hongrois). Toujours la présence d’une flèche en bois montant au ciel (pouvant atteindre les 50 m). Dommage que presque à chaque fois ils aient construit à côté ou en face une église moderne un peu trop souvent en béton (orthodoxe pour faire oublier les anciennes églises gréco-catholiques ; on a d’ailleurs toujours pas trop bien compris la différence, si ce n’est leur rattachement à Rome plutôt qu’à Constantinople).
Vers le Maramures
Ce 2 Août une belle route de montagne, malgré les nids de poule (plutôt d’autruche comme dirait le guide du routard), pour rejoindre une autre région magnifique le Maramures. Passage d’un col à 1450 m (le Prislop avec présence d’un monastère récent monumental bien entendu) ; tout le long de la route des charmantes églises en bois bondées (on est dimanche) de paysans dans leur plus beaux atours (jupes colorées et fichus pour les femmes et petit chapeau tendance tyrolienne et costumes pour les hommes).
Couchage dans une pension bien sympathique Domnita à Poienile Izei, village typique de cette région du judet de Maramures avec ses élégantes maisons en bois et leurs portails imposants. Un village hors du temps et bien conservé dans cette région isolée où la vie rurale semble s’être figée au cours des siècles.
Un vrai bonheur la balade dans le village, avec tous ses petits vieux endimanchés sur leur banc ou promenant (plutôt le rôle des femmes) leur unique vache ou leur mouton dans les rues pour leur faire brouter l’herbe des bas-côtés. Un vrai dépaysement comme un retour aux sources,
La Bucovine
La Bucovine, noyau de la Moldavie, un premier coup de cœur pour la Roumanie. Un paysage doux et harmonieux de collines, montagnes et forêts avec de temps à autre des villages coquets de maisons colorées en bois campés délicatement dans le paysage. On aime !
Que dire des monastères exceptionnels avec leurs églises en bois peintes extérieurement et intérieurement, classées et uniques au monde. Un style moldave basé sur un plan en trèfle et un toit aérien. Des fresques extérieures à couper le souffle avec une couleur de fond différente pour chaque église. Un vrai bonheur.
Le monastère de Humor le plus harmonieux avec son sublime jugement dernier.
Le monastère de Voronet la chapelle sixtine de l’orient avec son exceptionnel arbre de Jessée (généalogie du sauveur) et là aussi son jugement dernier sur un bleu fantastique.
Le monastère de Moldovita avec toujours son arbre de Jessé et l’hymme acastique à la vierge (prière à la vierge en 24 stances et tableaux), sans oublier la représentation des sièges de Constantinople (par les turcs) qui ont échoué grâce à une icône de la vierge.
Le monastère de Sucevita avec son échelle de vertu (on en compte 30 !) pour accéder au paradis, peut être le plus beau.
Et un accueil formidable d’Elena à la pension Domnitei à côté du monastère d’Humor. Une gentillesse et une humanité rares. Une adresse à ne pas rater.
Le Neamt
Deux visites de deux monastères le matin Secu et Sihastria sur la route de Targu Neamt. Pas époustouflants, si ce n’est leur lieu d’implantation remarquable comme d’habitude (c’est vrai qu’après ceux de Grèce et de Bulgarie on est un peu blasé et exigeant) qui leur donne un charme certain. Cette région de Targu Neamt bat tous les records de sainteté avec moult monastères (cette montagne de Neamt avait avant un statut proche du mont Athos et aurait pu devenir un autre mont Athos).
Le temps se dégradant sérieusement, on a pris un hôtel à Targu Neamt au pied de la citadelle (la douche ne fera pas de mal !). Visite de la citadelle moldave de Targu Neamt intéressante par la présence d’un pont d’accès en arc de cercle unique.
Qu’il est doux d’être au chaud à l’intérieur quand il pleut autant !
Et toujours de jolies maisons en bois sur notre route.
Rando dans les montagnes de Neamt
Un départ à la fraîche au pied du parc de Ceahlau à Izvorul Muntelui (près de Bicaz) et 2h30 de montée pour arriver sur le plateau à la cabana Dochia (de 800 m à 1800 m) par un chemin assez difficile (il y a deux chemins : bleu rectangulaire plus facile que le bleu triangulaire) pour un panorama superbe. Balade sur le plateau et visite d’une petite église, faisant partie d’un monastère, un peu décevante (déjà du mercantilisme). Une balade superbe, mais physique surtout avec le chemin bleu triangulaire d’ailleurs nettement plus spectaculaire.
Couchage à la même aire naturelle, à l’entrée du parc (payant).
Vers le Neamt
Départ de sighisoara ce mardi 28 Juillet. Un raté pour démarrer : on voulait visiter les salines souterraines de Praid, made in Jules Verne (elles se font en bus à 1200 m sous terre où existe une ville souterraine pour les curistes surtout), mais il y avait une queue interminable. On a renoncé.
La route ensuite devient superbe, avec des beaux villages et des maisons avec palissade en bois et porte extérieure magnifiquement oeuvrée (pas toutes). Cette omniprésence du bois nous change de la Transylvanie et correspond plus à l’image qu’on se faisait de la Roumanie.
Sur la route un magnifique défilé (gorges de Bicaz) malheureusement dénaturé par la présence, à chaque arrêt possible, d’une multitude de marchands de babioles touristiques (trop écœurés pour s’arrêter) avant Bicaz. Quel dommage !
Couchage après quelques difficultés au pied du parc national de Ceahlau pour 10 leu à Izvorul Montelli. Des rencontres le soir avec des français, des jeunes roumains quelques peu allumés préparant une expo dans une petite maison du parc (un peu allumés aussi nous aussi d’ailleurs après avoir goûté leur alcool local) et une anglaise bavarde et bien curieuse. La nuit fut bonne mais assez courte pour la rando du lendemain dans le parc (départ à la fraîche).
Sighisoara
Si vous avez aimé Prague, vous aimerez la forteresse saxonne de Sighisoara, ses vielles rues pavées, ses maisons colorées, ses tours, ses …. Vous pourrez même visiter la maison natale de Vlad Dracul le père de Dracula : Vlad Tepes, l’empaleur (un vrai poète celui là)
Vous aimerez moins je crois le camping (uniquement pour camping car), malgré sa piscine et son maître nageur assez particulier. On n’oublie pas les toilettes et les douches, elles aussi assez particulières !
Vers Sighisoara
Ce dimanche 26 Juillet trois heures ou presque pour répondre à l’invitation de Richard par des pistes et des routes bien défoncées et quelques villages perdus. Un repas simple, avec des produits maison, et des discussions plus qu’intéressantes sur leur histoire et leurs motivations pour un retour, qui nous laissent quelque peu perplexes. On a l’impression de rencontrer des colons (7 siècles après leur arrivée quand même), vivant presque en autarcie sans préoccupation d’intégration avec les roumains de souche, et avec surtout les roms présents dans ce village où ils habitent Ticusul Vechi (Jud. Brasov) . Beaucoup d’allemands ont gardé une maison en Transylvanie et ils y reviennent fréquemment. Vraiment instructive cette invitation, malgré un certain malaise de notre part.
Ensuite enfin une bonne route jusqu’au camping de Sighisoara et son festival médiéval très sympa. Le loup, le renard et la belette en roumain c’est quelque chose !
























































































